Aujourd'hui l'économie L'économie au cinéma: comment le cinéma parle de l'industrie et du travail à la chaîne [2/5]

Publié le : 18/08/2026 - 13:32

Écouter - 02:33

Aujourd'hui l'Économie vous propose de passer en 16:9 et de regarder le monde en grand écran. On ne parlera pas, comme cela nous arrive, d'économie du cinéma mais d'économie au cinéma. Comment les réalisateurs et les réalisatrices du monde entier s'emparent-ils des thématiques liées à l'argent, au travail, à la mondialisation ? Pour ce deuxième épisode, plongée dans les usines au prisme de la caméra.

Dans le film Les Temps modernes en 1936, Charlie Chaplin dénonce le travail à la chaîne en usine.
Dans le film Les Temps modernes en 1936, Charlie Chaplin dénonce le travail à la chaîne en usine. © wikimedia commons
Publicité

Impossible de parler d'industrie et de travail à la chaîne au cinéma sans évoquer Les Temps modernes, le chef-d'œuvre de Charlie Chaplin sorti en 1936. Le réalisateur y met en scène son célèbre personnage de vagabond en chapeau melon tout juste embauché dans une usine dont on ne saura jamais ce qu'elle produit. Il y dépeint le fordisme à son apogée, la division du travail jusqu'à l'absurde et la répétition des tâches qui transforment l'homme en machine et privent le travail de sens, le rythme insoutenable des chaînes d'assemblage qui pousse le personnage de Charlie Chaplin à la folie, jusqu'à se faire littéralement happer par les rouages du système.

Dans Metropolis, Fritz Lang imagine une intelligence artificielle libératrice

Dix ans plus tôt, le réalisateur allemand Fritz Lang imaginait dans Metropolis un futur dystopique dans lequel l'élite fortunée exploite depuis les hauteurs de leurs gratte-ciel une classe ouvrière souterraine réduite à l'état de quasi-zombie. L'industrie est alors vue sous le prisme de la lutte des classes.

Fritz Lang introduit un inventeur fou et sa création : un « Maschinenmensch », un « humain machine », un robot doté de ce qu'on appellerait aujourd'hui une intelligence artificielle. Fritz Lang l'imagine alors comme un outil de libération des classes ouvrières.

L'envers du décor

Le cinéma s'est aussi très souvent emparé de la fermeture des usines, parfois avec humour, comme dans The Full Monty, film britannique de 1997 dans lequel une poignée de chômeurs décide de monter un spectacle de strip-tease. Derrière la comédie potache, le film dresse le portrait d'une Angleterre en perdition frappée par la désindustrialisation. Des usines pour beaucoup parties en Chine à mesure que l'Empire du Milieu se développait et s'imposait comme l'atelier du monde.

Sorti l'an dernier et tourné en pleine pandémie dans une gigantesque usine de téléphonie, le documentaire Factory de Zhao Hao montre l'envers du décor : des travailleurs migrants pressés, déshumanisés, infantilisés, et comme le personnage de Charlie Chaplin un siècle plus tôt, rouages dispensables d'un système qui n'hésite pas au besoin à les écraser.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI

Par : Nathanaël Vittrant

Sur le même sujet

Oscars: l’impact économique d’une cérémonie qui rapporte des millions de dollars

Contenu audio Aujourd'hui l'économie

L'année 2025, un mauvais cru pour le cinéma français au box-office

Cinéma: la Californie double ses crédits d'impôts pour préserver l'attractivité d'Hollywood