La situation reste « plus que critique » chez le constructeur automobile allemand Volkswagen, selon son PDG. L’entreprise prévoit un nouveau plan massif de suppressions d’emplois et des sites industriels seraient menacés. La communication de la direction est jugée « désastreuse » par le comité d’entreprise de Volkswagen. Ce mardi 25 août 2026, le patron du groupe, Oliver Blume, a détaillé devant les salariés réunis au siège de Wolfsbourg les premières modalités de ce deuxième plan social après celui conclu en 2024.
Publié le : 25/08/2026 - 21:49
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Chez Volkswagen, en Allemagne, un premier plan social, en date de 2024, visait à licencier 50 000 employés du groupe aux dix marques. En 2026, 50 000 postes de travail supplémentaires seraient concernés, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut.
« À ce jour, environ la moitié du besoin d’adaptation concerne l’Allemagne, l’autre partie l’international – au total dans quelque 170 sociétés », a déclaré le président du directoire du groupe aux dix marques, Olivier Blume, lors d'une assemblée du personnel au siège de Volkswagen, à Wolfsbourg.
Volkswagen entend « miser autant que possible » sur des départs volontaires, notamment à la retraite, des accords à l’amiable ainsi qu’une « politique d’embauche restrictive ». « Nous définirons les mesures concrètes en concertation avec les représentants des salariés », a assuré Oliver Blume.
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Plusieurs usines allemandes dans l’incertitude
Le patron de Volkswagen a entamé mardi 25 août une tournée des différentes usines du groupe en Allemagne. Oliver Blume a reconnu que les sites d’Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm ne disposaient pas encore de perspectives de production viables pour les années 2030. Il a toutefois assuré que leur fermeture resterait « toujours la solution de dernier recours et la plus coûteuse ».
Aucune décision n’a encore été prise sur d’éventuelles fermetures. À terme, il pourrait ne rester que l’usine-mère de Wolfsbourg, en Basse-Saxe, siège de Volkswagen, ainsi que celle d’Ingolstadt, en Bavière, pour Audi. Une perspective lourde de conséquences pour les villes et les salariés concernés.
Le groupe avait déjà engagé en 2024 un premier plan de restructuration, après des négociations avec le puissant syndicat IG Metall. Il prévoyait 50 000 suppressions de postes sans licenciements secs. En contrepartie, le syndicat avait obtenu une garantie sur l’emploi courant jusqu’au début de la prochaine décennie. L’annonce, il y a quelques semaines, de la préparation de 50 000 suppressions de postes supplémentaires a donc provoqué un choc parmi les salariés.
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La confiance dans la direction « abîmée »
Les explications données mardi n’ont guère convaincu les représentants du personnel. « On ne peut pas travailler avec un patron qui ne dit pas à ses salariés ce qu’il en est réellement ! », a déclaré Daniela Cavallo, présidente du comité d’entreprise. Elle estime que la confiance dans la direction, et en particulier dans Oliver Blume, est désormais « abîmée ». Le comité d’entreprise juge également la communication de Volkswagen « désastreuse ».
Le responsable régional d’IG Metall, Thorsten Gröger, rappelle que les salariés ont déjà consenti d’importants sacrifices et contribuent à hauteur de 1,5 milliard d’euros aux efforts de redressement. « Réduire les coûts ne constitue pas, à lui seul, une stratégie d’avenir », affirme-t-il.
Les syndicats réclament des garanties sur les investissements promis, les futurs modèles et la charge de travail des usines allemandes. Ils accusent également la direction de remettre en cause certains engagements pris lors des accords conclus en 2024. « Si le directoire persiste à ne miser que sur les suppressions d’emplois et les coupes budgétaires, nous nous y opposerons de toutes nos forces », prévient Thorsten Gröger. La perspective de mouvements sociaux, y compris de grèves, n’est plus exclue.
La cogestion en vigueur dans les grandes entreprises allemandes donne par ailleurs aux syndicats une voix au conseil de surveillance. La Basse-Saxe, qui détient 20% du capital de Volkswagen, soutient traditionnellement les représentants des salariés. Ensemble, ils disposent d’une majorité qui a retoqué début juillet les plans de la direction. Le ministre-président social-démocrate de la région a de nouveau rejeté mardi toute fermeture d’usine. Chez Volkswagen, aucune solution ne peut donc être trouvée sans accord entre la direction et les représentants du personnel.
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Chine et États-Unis, deux marchés difficiles
Les difficultés de Volkswagen tiennent notamment à son recul sur deux marchés importants. En Chine, où le groupe a longtemps gagné beaucoup d’argent, la concurrence des constructeurs locaux réduit ses ventes. Dans le même temps, les voitures chinoises gagnent du terrain en Europe.
La nouvelle prime du gouvernement allemand pour l’achat de voitures électriques peut aussi être utilisée pour des véhicules chinois, même si Volkswagen reste leader de ce secteur en Europe. Aux États-Unis, le marché est devenu plus difficile en raison des droits de douane imposés par l’administration Trump. À cela s’ajoutent les différentes crises du moment.
Volkswagen n’est toutefois pas au bord du gouffre : son bénéfice au deuxième trimestre a baissé d’un tiers par rapport à la même période de l’année précédente, mais le groupe continue de gagner de l’argent. Oliver Blume avait néanmoins qualifié la situation de « plus que critique » dans une interview accordée le week-end dernier.
Le dirigeant doit enfin composer avec la pression des familles Porsche et Piech, gros actionnaires de Volkswagen, qui poussent à des restructurations et réclament une plus grande profitabilité de l’entreprise.
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