Aujourd'hui l'économie Les villes-États portuaires: Brunei, le sultanat qui ne parvenait pas à sortir du pétrole [5/5]

Publié le : 28/08/2026 - 08:43

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Direction Brunei, l'une des économies les plus dépendantes des hydrocarbures au monde. Le secteur représente 60 % du PIB du pays. Le micro-État, situé sur l’île de Bornéo, tente depuis des années de sortir de cette ultra-dépendance. 

Le sultan Hassanal Bolkiah du Brunei, le 17 juin 2026.
Le sultan Hassanal Bolkiah du Brunei, le 17 juin 2026. AFP - ANASTASIA BARASHKOVA
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Le micro-État de Brunei est souvent résumé à une image d'Épinal. Celle d’un sultan, l'un des hommes les plus riches au monde, vivant dans un palais de 200 000 mètres carrés et 1 800 pièces. Depuis près d’un siècle, Brunei vit de la manne pétrolière, mais cette ultra-dépendance n’est pas sans risque alors que se dessine un monde qui devra vivre sans énergies fossiles.

Dès le début des années 2000, le sultan de Brunei a lancé un grand plan de diversification de l'économie : Vision 2035, comme l'explique la chercheuse Sophie Boisseau du Rocher du centre Asie de l’Institut français des relations internationales : « Hassanal Bolkiah a lancé des travaux autour de 2003-2004 pour réfléchir aux secteurs dans lesquels il fallait investir. Il s’agissait d’augmenter la part du secteur privé dans l’économie nationale car l’entreprise étatique Brunei Petroleum est une entreprise totalement dominante dans l’économie locale »

Brunei reste extrêmement dépendante des hydrocarbures

Malgré la volonté politique affichée, l'économie de Brunei reste dépendante du secteur des hydrocarbures, qui représente environ 60% du PIB. Parmi les marchés d’exportation du sultanat figure la Chine, à qui Brunei fournit du gaz naturel et du pétrole via son port de Muara. Depuis 2018, la gestion du port est assurée par une coentreprise contrôlée majoritairement par un groupe chinois. Pékin a fait du sultanat l’un des maillons de son gigantesque réseau des nouvelles routes de la soie. « Brunei est un sultanat situé sur l’île de Bornéo, tourné vers la mer de Chine du Sud, tourné également vers le Pacifique, qui sont deux espaces maritimes qui intéressent particulièrement les Chinois. Pékin s’est rapproché du sultanat depuis maintenant une trentaine d’années. On est là dans un processus qui devrait s’approfondir dans les prochaines années », rappelle la chercheuse Sophie Boisseau du Rocher.

 

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Des relations de plus en plus fortes avec la Chine

Parmi les projets phares de cette coopération entre Brunei et la Chine : un complexe pétrochimique géant situé à 25 kilomètres du port de Muara et financé en partie par Pékin. Objectif : créer davantage de valeur ajoutée autour des hydrocarbures (pétrochimie, engrais, méthanol). Brunei reste donc dépendant, dans une région où la concurrence économique est forte. Pour la chercheuse Sophie Boisseau du Rocher du centre Asie de l’Institut français des relations internationales, « À ce jour, Brunei n’arrive évidemment pas à pouvoir s’affirmer comme un centre financier comme Singapour, voire la Malaisie. La diversification de son économie ne pourrait vraiment trouver de terrain favorable que dans le secteur des technologies de l’information et de la communication et de façon plus secondaire dans le tourisme et les services financiers ».

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Avec un revenu moyen par habitant d'environ 34 000 dollars, chaque hausse des prix du pétrole rend plus difficile le virage de l'économie. Reste le changement à venir à la tête du sultanat. Hassanal Bolkiah est en effet âgé de 81 ans et détient aujourd'hui le record du plus long règne au monde.

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Par : Jeanne Bartoli