Publié le : 03/09/2026 - 00:17
Écouter - 02:03Après un an d'enquête anti-dumping, Pékin a décidé d'instaurer, au mois d'août, de nouvelles taxes sur les noix de pécan américaines et mexicaines, estimant que ces partenaires pratiquaient des prix anormalement bas. Ces sanctions profiteront à un pays : l'Afrique du Sud.
Symboliquement, c'est un coup dur, car pour la petite histoire, le Mexique et les États-Unis sont devenus de gros producteurs de noix de pécan ces dernières années, pour répondre, précisément, à la demande de la Chine. Mais dans les faits, le commerce a déjà chuté : en deux ans, les ventes de ces deux pays à la Chine ont été divisées par dix, en valeur.
Le commerce bilatéral de noix de pécan pèse néanmoins encore quelques millions de dollars pour ces deux exportateurs. Le gouvernement mexicain a donc fait part de son inquiétude, après la décision, même si le pays a collaboré à l'enquête de Pékin et écope à ce titre de taxes plus faibles – entre 17,8% et 51,6% – que celles appliquées aux États-Unis, qui sont de 54%, selon l'agence Bloomberg.
Le recul des exportations, la baisse des prix et la sécheresse sévère – les pacaniers ont besoin d'une irrigation abondante pour garantir un rendement élevé – font que les producteurs mexicains ne sont plus dans une optique de croissance, explique José Gutierrez Fernandez, analyste agricole chez S&P Global Energy, qui précise qu'ils « ne renouvellent pas leurs vergers et procèdent à l'arrachage des arbres ». Selon l'expert, la récolte mexicaine est en diminution progressive depuis la campagne 2022-2023.
Les États-Unis s'adaptent
Les États-Unis restent des producteurs importants et vont devoir renforcer leurs liens avec d'autres acheteurs. La filière américaine mise notamment de plus en plus sur l'exportation de noix transformées, explique José Gutierrez Fernandez. Washington a ainsi réussi à augmenter ses exports de cerneaux vers l'Union européenne, le Canada, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Israël. Mais les chiffres de cette année risquent d'être affectés par le blocage du détroit d'Ormuz.
Sur ces marchés d'exportation, la concurrence des amandes, des noix et des pistaches reste rude et nécessitera peut-être de nouvelles campagnes de promotion pour faire grimper la demande.
L'Afrique du Sud, fournisseur numéro 1 de la Chine
La Chine, premier importateur mondial de noix de pécan, est loin d'être autosuffisante, même si elle encourage ses agriculteurs à planter des pacaniers et projette une récolte d'environ 11 700 tonnes pour la campagne 2026-2027, selon S&P Global Energy.
Le pays a commencé à diversifier ses sources d'approvisionnements agricoles depuis quelques années et cela a profité à l'Afrique du Sud, qui est devenue le fournisseur numéro un avec une part de marché qui a bondi pour atteindre l'année dernière 86%. Rien qu'entre 2024 et 2025, les exportations sud-africaines vers la Chine ont augmenté de près de 50% pour s'élever à 48 860 tonnes.
Le pays pourrait atteindre une capacité de production de 70 000 tonnes quand tous les arbres plantés entreront en production, selon José Gutierrez Fernandez, qui estime ce volume largement suffisant pour répondre à la demande chinoise, sachant que pour garantir l'approvisionnement de ses usines, la Chine peut compter sur deux autres fournisseurs de l'hémisphère Sud : le Brésil et l'Argentine.
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Par : Marie-Pierre Olphand