Chronique des matières premières Le soufre, un marché toujours restreint après six mois de guerre au Moyen-Orient

Publié le : 07/09/2026 - 00:03

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C'est un marché qui n'arrive pas à se relever : celui du soufre. Avant la guerre au Moyen-Orient, la région représentait plus de 40% du soufre et des produits sulfurés exportés dans le monde. Depuis le mois de mars, les exportations du Golfe se sont effondrées.

L'entreprise Lyten sécurise un approvisionnement en soufre d'origine nationale pour ses sites de fabrication de batteries lithium-soufre aux États-Unis.
L'entreprise Lyten sécurise un approvisionnement en soufre d'origine nationale pour ses sites de fabrication de batteries lithium-soufre aux États-Unis. © Business Wire
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Les exportations de la région du Golfe ont drastiquement chuté, voire été réduites à zéro pour plusieurs pays, à part au mois de juin où l'on retrouve des volumes significatifs exportés par les Émirats arabes unis, l'Iran, le Koweït ou encore le Qatar, selon les données du cabinet Kpler.

Ce qui a aussi contribué à tendre le marché, c'est la stratégie de la Chine, premier exportateur d'acide sulfurique. Elle pâtit aussi de ne plus pouvoir acheter dans la région du Golfe : ses stocks portuaires, qui sont d'ordinaire à cette période d'environ 2 à 2,5 millions de tonnes, étaient mi-août seulement de 800 000 tonnes, selon Michaël Sebag, négociant en engrais pour la société Orcom à Genève.

Depuis le mois de mai, l'Empire du Milieu a décidé par précaution de garder à domicile sa propre production. Privé des volumes du Golfe et des volumes chinois, le marché ne pouvait que monter.

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Des prix élevés mais en baisse

Les prix du soufre sont élevés mais en légère baisse car les usines qui utilisent du soufre et de l'acide sulfurique achètent moins. C'est le cas des fabricants d'engrais phosphatés. Mosaic, le leader américain du secteur, a décidé de fermer deux de ses usines au Brésil. L'Office chérifien des phosphates au Maroc privilégie désormais la production d'intrants qui demandent moins de soufre, tels que le TSP qui nécessite pour fabriquer une tonne environ 180 kg de soufre alors que le DAP en requiert 450 kg.

Aux prix actuels du soufre, produire des engrais phosphatés coûte trop cher par rapport au prix auquel ils sont vendus. Les cours ont grimpé, mais pas suffisamment aux yeux des fabricants pour absorber la hausse de la matière première : « En 2008, par exemple, quand le soufre était à 1 000 dollars, le DAP valait 1 300 dollars. Aujourd'hui, le soufre vaut 1 000 dollars, mais le DAP, un des intrants les plus utilisés, vaut 900 dollars », explique Michaël Sebag.

Un poids pour l'agriculture

900 dollars la tonne pour le DAP – selon le prix de référence indien –, cela reste très lourd pour la trésorerie d'une exploitation, d'autant que d'autres coûts comme le carburant se sont aussi envolés.

Cela se traduit au niveau des commandes d'engrais phosphatés qui tournent au ralenti. Cela fait deux mois que le Brésil, un des gros importateurs, n'a par exemple quasiment rien acheté. Si à terme les agriculteurs finissent par renoncer à une partie des volumes dont ils ont besoin, les rendements de la récolte 2026/2027 devront être revus.

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Par : Marie-Pierre Olphand