L'Apig, organisme collectif regroupant près de 300 quotidiens français, a annoncé mardi 11 août être passée à l'offensive devant l'Autorité de la concurrence, en réaction au déploiement fin juillet par Google de résumés par IA, dont les médias redoutent qu'ils ne les privent de trafic.
Publié le : 12/08/2026 - 17:37
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Le géant américain a lancé le 22 juillet en France ses résumés de résultats de recherche en ligne rédigés par l'intelligence artificielle (IA).
Jusqu'ici, Google vous orientait vers les sites des médias. Désormais, le moteur de recherche produit lui-même une réponse. Ces Aperçus IA (AI Overviews) arrivent accompagnés d'un mode IA consistant en une recherche conversationnelle qui permet à l'utilisateur de dialoguer avec le moteur de recherche. Les liens classiques en réponse aux requêtes figurent sous ces deux fonctionnalités.
C'est précisément ce changement que dénonce l'Alliance de la presse d'information générale (Apig), qui représente près de 300 quotidiens français : « Google devient producteur de contenus, explique Pierre Petillault, directeur général de l'Apig. Donc au lieu d'être un moteur de recherche qui vous oriente vers des sites ou des applications, par exemple des éditeurs de presse, Google devient lui-même producteur de contenus. Mais un producteur de contenus qui utilise les contenus d'autres, notamment les contenus journalistiques et ceux des éditeurs. »
Un risque pour l'audience des médias français
Derrière cette bataille juridique, il y a la question du trafic internet. Aujourd'hui, la grande majorité du trafic des sites de presse provient des différents services de Google. Or, si l'internaute obtient directement une synthèse de l'information sur son moteur de recherche, il peut ne plus avoir besoin de cliquer sur le lien du journal qui a produit cette information. L'Apig redoute donc une baisse de son audience, et donc à terme des recettes pour les titres de presse.
« Google devient un service de destination, on ne renvoie plus forcément de trafic vers les éditeurs, détaille Pierre Petillault. Donc, ce qui faisait la valeur ajoutée de l'utilisation de nos contenus risque de disparaître à court ou moyen terme. »
Pour les médias français, les résumés par IA représentent un risque de voir leur audience en ligne diminuer, alors que le secteur est déjà touché par des baisses de revenus et que plusieurs groupes de médias ont annoncé des suppressions de postes.
Pour autant, la presse française ne demande pas à Google de renoncer à l'intelligence artificielle. Elle lui demande de négocier les conditions d'utilisation d'une matière première essentielle : les contenus produits par les journalistes.
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